04 octobre 2009

réflexions en vrac sur mes enfants et ma relation avec eux...

Elle a les traits fins. La peau de pêche. Elle est douce et calme. Déterminée aussi. Elle a les cheveux frisés de la famille, qui seront plus tard autant fierté que calamité. Ses yeux sont deux billes bleues, mobiles et expressives, déjà emplies d'intelligence. Sa bouche est pleine, ourlée, délicate, comme des pétales de fleur. Ses sourires sont des cadeaux. Ses rires des trésors. Son front, ses sourcils, et la forme générale de son visage empruntent plus à son père. Elle est fine, petite, et pleine de rondeurs. Elle est tonique et souple, tout son corps s'exprime quand elle est dans l'échange. Elle a le sommeil léger mais confiant. Elle aime son lit, le notre, celui de son frère, et le canapé. Elle dort moins facilement dans son transat, comme une souche dans l'écharpe. Elle est câline et aime enfouir son visage dans ma poitrine, attraper mes doigts, les étirer, les porter à sa bouche et à son visage, guider mes caresses sur ses joues, son cou, ses cheveux. Elle aime tendre à son tour ses petites mains potelées vers moi, attraper mon nez, ma bouche, les caresser. Elle est douce, attentive dans ses gestes. Elle commence à sucer son pouce et tire satisfaction de ce petit exploit. Elle attrape ses genoux dans son bain, le fait de façon très concentrée. Elle cherche maintenant à viser ses pieds. Elle joue avec ses jouets suspendus, adore sa poupée. Elle joue avec son hochet, et aime s'en servir pour atteindre les jouets qui sont trop loin de ses mains. Elle se redresse avec force, comme si elle cherchait à s'asseoir, depuis ses un mois. Elle fait ça quand elle cherche sa tétine. Elle joue à retirer sa tétine de sa bouche, à la retourner dans ses mains puis à la remettre. Elle a mis du temps à babiller, pendant 3 mois elle ne prononçait aucun son, et puis c'est venu un jour. Elle babille fort et sérieusement. Très concentrée sur les sons qu'elle produit, elle prend plaisir à moduler sa voix, à faire courir l'air dans les différentes zones de sa bouche et de son nez, à introduire ses doigts ou bouger sa langue pour observer les effets. Elle aime couvrir le son de ma voix et celle de son frère en babillant plus fort. Elle sourit dès qu'elle voit son frère, et son regard pétille avec intensité. Depuis hier, elle a des éclats de rire qui sont de purs bonheur. Elle accroche le regard quand elle communique, rit ou sourit, à tel point qu'il est difficile de s'en détacher.

Dimanche, 8H30 du matin. La nuit a été courte, je me suis couchée trop tard. Je m'échine à introduire la tétine dans l'œil de Camille avant de réaliser que sa bouche est plus bas. Cela va-t-il suffire à la rendormir? Je n'attend pas de le savoir et m'écroule dans mon lit, j'ai mal au dos.
De vigoureux babillements s'envolent du petit lit. Je soupire et me résigne à ce que la journée commence. Mais j'ai le sourire, chaque fois que je l'entend. C'est de la fatigue, oui, mais c'est du plaisir surtout. C'est du plaisir tout le temps! C'est du plaisir quand je change ses fesses sales en fesses propres. C'est du plaisir quand il faut la soigner, la laver, l'habiller, la nourrir, la bercer, la consoler, lui parler, la faire jouer. La regarder dormir. C'est du plaisir sans arrêt. Les moments où j'ai ressenti une pointe d'agacement, depuis son premier mois, sont très rares.

Ce plaisir, ces journées qui s'enchainent trop vite, filent entre mes doigts, ces progrès constants qu'on a à peine le temps d'apprécier, me renvoient les images d'une autre période, que j'aimerai chasser négligemment de mon esprit en me disant "plus tard...". Mais non, je n'ai pas le droit de remettre ça à plus tard, de me vautrer égoïstement dans la pure osmose de ma relation mère-fille, car j'ai aussi une relation mère-fils à entretenir, et une relation femme-homme qui ne doit pas non plus être négligée.

Il est blond et frisé. Le visage bien dessiné. Doux, enfantin, avec une ébauche de caractère dans les angles de la mâchoire qui me rappellent comme il grandit. Il a les yeux d'un vert extraordinaire, mélange de bleu, de jaune, de verts, qui font écho à ses cheveux. Il a le regard doux, parfois espiègle, le plus souvent empreint de gentillesse. Il a mon nez large, un peu dévié, une cicatrice en "Z" à peine visible court sous sa narine et traverse sa lèvre. Ses dents du haut sont un peu vagabondes, celles du bas plus droites. Une incisive a rejoint la collection de la petite souris. Il a mon front court et la forme de mes oreilles. Le caractère déterminé, parfois obstiné, de son père. Il est "brillant" aux dires de ses tata, curieux de tout, presque obsessionnel dans son désir de comprendre le monde et ses mystères. Il a la soif insatiable de connaissances propre à son âge. Il est en admiration totale pour tout ce que fait son père. Il aime la musique, se faire beau, les chaussures "qui vont vite" et l'informatique. Il aime parler tout le temps, de tout, à tort et à travers. Il aime s'écouter, à tel point qu'il s'enregistre et se passe sa voix en boucle pendant des heures. Il me dit qu'il m'aime, qu'il aime son père, sa soeur, et qu'il s'aime très fort lui aussi. Il n'aime pas les limites qu'on lui impose, ne pas se sentir l'égal des adultes, de pas être écouté, entendu. Il aime sa kiné, mais n'aime pas être contraint à y aller. Il est farceur, provocateur, il a de la suite dans les idées. Il aime être avec les adultes, déteste jouer seul dans sa chambre. Il voudrait qu'on invite sa maitresse à dormir. Il se couche et se lève avec le sourire.

C'était un bébé tout rond, charmeur, souriant, facile. Un bébé qui s'adaptait de tout, partout, ne se plaignait jamais. Un bébé qui n'avait de cesse de créer le lien avec sa maman qui ne lui renvoyait que doutes et angoisses. Je me souviens la peur constante, dès que je croisais son regard, son petit corps plein de besoins que je craignait ne pas savoir combler. La répugnance qui me saisissait à introduire dans sa bouche la tétine du biberon et à regarder interminablement le lait qui semblait ne jamais se vider.
Je me souviens comme je le trouvais beau, comme je ne me lassais pas de m'émerveiller de tout son corps : ses mains, son bidon tout rond, ses cuisses dodues, son visage...
Je me souviens comme j'avais la sensation de ne plus exister, de ne plus avoir le temps de rien, et la recherche éperdue d'un sommeil qui semblait toujours me manquer. Dormir était une obsession, une crainte, un besoin jamais assouvi. Pourtant Cédric a fait ses nuits tôt, de plus en plus longues. A 7 mois il pouvait dormir allègrement 15h d'affilée et refaire une sieste ensuite. Il se réveillait rarement la nuit, mais jusqu'à récemment cette seule idée me paniquait. Je me souviens les trajets quotidiens interminables pour aller chez le kiné. Sous le soleil de plomb ou la pluie diluvienne de l'été. 3km aller, autant au retour. Côte à côte son père et moi, un peu abasourdis, choqués, mais découvrait aussi peu à peu le plaisir d'être ensemble dans un but commun. Je me souviens que Cédric adorait les cahots de la route qui le berçaient. Nous prenions garde à n'emprunter que les ornières, les cailloux, les bords de trottoir...

J'essaie de ne pas trop penser à ma différence de relation avec Cédric bébé et avec Camille bébé. Je suis contente de m'être extirpée de cette période d'effroi sans nom qui a suivi la naissance de Camille et qui au moins sur ce point rejoignait parfaitement ce que j'ai ressenti à la naissance de Cédric. Je suis contente de n'avoir pas réprimé par réflexe mon penchant naturel à fusionner avec ma fille, à l'opposé de ma réaction de recul face à cédric bébé, à qui j'avais trop peur de faire du mal, pour ne pas léser l'un par rapport à l'autre. Il est illusoire de croire qu'on peut élever deux enfants de la même façon, ni de façon égale. Je sais une chose en tous cas, c'est que j'ai donné mon maximum à Cédric, le maximum que je pouvais donner, avec les moyens, les connaissances, et le mental que j'avais à l'époque, et que je donnerai le maximum à Camille, avec les moyens qui sont miens aujourd'hui. Si je suis plus à l'aise aujourd'hui que naguère, si je fusionne comme si j'avais fait ça toute ma vie, j'ai aussi moins de temps, plus d'impératifs, je laisse passer d'autres choses, j'ai moins le temps et l'énergie pour les rituels, les jalons que j'ai tant veillé à poser pour Cédric et qui ont porté leurs fruits. C'est vrai que je n'ai pas fusionné physiquement avec Cédric, mais j'ai fusionné par le coeur, ça je le sais et je le vois encore aujourd'hui. Je pense à nos "aventures", comme Cédric les appelle. Nos escapades tous les deux, le vif plaisir que nous y avons pris, ce temps qui n'était consacré qu'à lui, où nous découvrions, devisions, bavardions. Je n'aurai jamais cette relation exclusive avec ma fille, qui devra toujours la partager avec Cédric. Finalement je suis contente que ce soit à ce point différent entre mes deux enfants, différents dans l'expérience et les choix, mais pas différent dans l'amour puissant et surtout naturel qui les imprègne. Je n'essaie pas d'être autrement que je suis. Je crois que définitivement, l'éducation que je donne, l'amour que je porte, seront toujours avant tout autre chose, empreints d'honnêteté et de respect. C'est ma règle de base : respecter l'autre, son intimité, sa personnalité, se respecter soi, respecter ses propres besoins, ne pas se sacrifier, se dissoudre dans sa maternité, pour ne pas être toute puissante, être soi, se respecter soi, c'est aussi donner l'exemple, et c'est ce qui fait qu'ensuite l'enfant se respecte lui même et respecte l'autre.

C'est ce qui fait qu'un petit bonhomme de 5 ans vous dit que quand il sera mort, certes, et c'est dommage, le monde ne cessera pas de tourner (il aurait bien voulu mais bon j'ai du le détromper), mais les gens le pleureront sur toute la surface du globe, assisteront à ses funérailles, et bâtiront une statue à son effigie!
C'est aussi ce qui fait que ce même petit bonhomme est capable de vous dire, même quand vous le terrifiez par votre colère de maman-pas-contente que lui aussi il est fâché, que lui aussi a des sentiments, et qu'il avait ses raisons de faire ses bêtises.
C'est ce qui fait également qu'il commence souvent sa journée par me demander comment je vais, comment j'ai dormi, et qu'il la termine en me souhaitant de beaux rêves et en me disant qu'il m'aime.

Je ne doute pas, je n'ai jamais douté je crois. J'ai douté de mes methodes, certes, j'ai douté de mes choix, je les ai remis en cause tout le temps, mais je n'ai jamais douté que je sois une bonne maman. Sans prétention aucune. Mais je ne doute pas que je leur donne le meilleur à chaque instant, un meilleur qui change à chaque instant, et qui au lieu de me rappeler que je suis imparfaite, me rassure sur le fait que je ne m'entête pas dans l'erreur, et ça, c'est le pire danger que je combat. Faire à la mesure du jour, à la mesure de l'enfant, à la mesure de soi. C'est ma recette.


06 juillet 2009

1 mois déjà!




Hé oui! Voici un mois que notre petite princesse a ouvert ses yeux sur le monde! Un mois pour la découvrir, un mois d'incertitudes, de lâcher-prise, un mois de baby blues et de questions sur l'allaitement...
Mais ça y est, ça roule! On s'est découverts, apprivoisés en famille... il reste encore des choses à faire mais c'est bien plus simple maintenant! Jérémie, Cédric et moi sommes complètements gagas de cette petite puce! Elle fait tomber toutes nos barrières, surtout les miennes! Elle dort avec moi, souvent sur moi, alors que je n'ai jamais su accueillir cédric dans mon lit! Elle m'a poussée à tenir bon l'allaitement malgré les crevasse, la douleur, le sang! Elle est adorable, pleure peu, tête beaucoup et dort plutôt bien! Bref, c'est un amour de petite fille, je l'aime de tout mon coeur!

19 juin 2009

Elle est là!

Et me voilà maman pour la seconde fois!!!

Ma petite Camille est donc arrivée parmi nous Samedi 06 Juin au petit matin...
Elle a ouvert ses grands yeux sur nous à 7H48, elle pesait 3,460kg et mesurait 49cm!

C'est la plus belle, bien entendu! Le portrait craché de son frère!

L'accouchement s'est déroulé rapidement et intensément... 3 heures de contractions très violentes, une grosse frayeur parce que la puce désaturait et ne voulait pas descendre, avec en prime pour moi des oedèmes qui obstruaient le passage, et la miss c'est présentée la "tête en l'air", en OS comme ils disent...
Il a fallu donc pousser très très fort pour éviter forceps ou césarienne, et heureusement on s'est bien débrouillés tous ensemble, elle est sortie rapidement et a vite repris des couleurs sous les bons soins de l'équipe médicale!

Jérémie et moi n'en somme pas revenus en la voyant! Un 2e petit Cédric, ni plus ni moins! Et tellement éveillée!

C'est une petite fille très tonique, très éveillée, déterminée mais calme, elle est simplement merveilleuse!

Il me reste de mon côté à évacuer un baby blues persistant qui me gâche un peu le plaisir, et l'allaitement qui est bien plus compliqué que je ne l'imaginais!
Heureusement ma louloute est conciliante devant mes balbutiement de jeune maman, elle tête tout ce qui passe : sein, bib, lait maternel, lait HA, peu importe! Elle m'aide vraiment beaucoup!

Voilà j'ai fait court parce que la miss me réclamme mais j'espère revenir bientôt vous en raconter un peu plus!

Avant la péri :

Après la péri!


Premier contact


Ma chipie jolie

04 juin 2009

MA OPHE!



J'avais envie de laisser tomber ce blog au profit d'un autre projet et j'ai zappé ici pas mal d'anniversaires familiaux mais je serai une bien mauvaise marraine si je ne souhaitait pas publiquement à la face du monde un :



A ma Ophé chérie!!! Il y a 15 ans tu faisais de moi une tata pour la première fois et je n'oublierai jamais ce moment magique, quand le courant s'est vraiment mis à passer entre ta petite bouille d'amour et moi!
Te voilà devenue une belle jeune fille, plus grande que moi! grrrr! Douce, dicrète, tolérante, attentionnée, déterminée, drôle, intelligente... Bref je t'ADOOOORE!
Surtout reste comme tu es ma belle!

13 avril 2009

5 ans déjà!


Pourtant c'était hier qu'on t'a posé sur mon ventre et que je n'arrivais pas à croire que j'avais pu engendrer un petit être aussi parfait! Depuis je ne cesse de te dévorer des yeux mon lardon!
Et même lorsque tu fais des bêtises, je continue de m'émerveiller de ton caractère, de ta façon de raisonner, de voir la vie et ses règles, de ne pas te laisser marcher sur les pieds...
Je suis tellement fière de toi mon fils! Tellement fière que tu m'ai choisie comme maman!

Et voilà que tu as 5 ans! Ca te fait bien un peu peur à toi aussi, je le vois bien! On va passer ce cap ensemble, comme tous les autres, avec ton papa et tous ceux qui t'aiment!

10 avril 2009

C'EST LE TOUR DE MON CHERI!


A l'homme qui partage ma vie depuis bientôt 10 ans et prends lui même une dizaine de plus!
30 ans, c'est un cap! Que de chemin parcouru, et que de chemin à parcourir encore!

Je n'ai qu'une chose à te dire : Je t'aime! Je t'aime pour ta force, ta franchise, ta droiture, ta sensibilité, ton humour, ta façon d'être avec moi, le soutien que tu m'apporte chaque jour, et chaque jour je te découvre un peu plus...

JOYEUX ANNIVERSAIRE MON AMOUR!

31 mars 2009

Camille, ma fille...

Je sais cher lecteur que je suis bien silencieuse depuis quelques temps!
Ma vie n'est pas forcément silencieuse, mais mes capacités de communication sont en chute libre.
Je m'enferme, je me tais. Je n'ai pas envie de parler, de me raconter, rien à partager.
Ca ne me ressemble pas, pas vrai?
Mais c'est comme ça. Je couve, je cocoone.
Je vis une grossesse dans de très bonnes conditions, on ne va pas dire idéales parce que quelques bémols tout de même, mais enfin je ne vais pas faire la fine bouche!
Je suis à la maison, je peux me reposer à volonté, et heureusement car je suis (trop) souvent fatiguée. Mon grand est assez autonome pour me permettre une grande autonomie à moi aussi, tout en étant encore assez petit pour que je me sente encore utile! Il me couvre d'amour, de bisous, de calins (vive le complexe d'oedipe!!!), il couvre aussi sa petite soeur de bisous et de mots d'amour... Il parle à mon ventre, et colle son oreille sur mon nombril pour écouter si Camille lui répond... Si je lui demande ce qu'il dit, il me répond agaçé "mais c'est pas à toi que je parle!!!" Et il ne cesse de me dire qu'il ne faudra pas gronder sa petite soeur si elle fait des bêtises parce que c'est pas sa faute, elle est trop petite!
Et moi lovée dans mon canapé je savoure tous ces petits moments de bonheur, entourée d'amour de dehors et de dedans, chouchoutée par mon chéri qui est aux petits soins pour moi...

La seule chose que je regrette c'est de ne pas avoir fait ce fichu régime avant de tomber enceinte. Pourtant on m'a assez mise en garde!
C'était vrai. Le surpoids c'est un vrai problème, un vrai handicap dans une certaine mesure!
D'abord il y a les regard des autres, et le regard sur soi aussi qui change. Les miroirs qu'on évite. La déception chaque fois que l'on voit son reflet et qu'on a encore en tête son "visage d'avant" et que non, ce n'est pas celui là qu'on voit dans le miroir.
La balance que l'on fuit aussi. Les pantalons qui serrent inexorablement.
Le jugement des gens, tacite ou franc, à chaque repas. "Tu mange trop!" c'est dit ou c'est induit. Mais c'est toujours là...
Les douleurs constantes. L'impression d'avoir pris 30 ans d'un coup dans son corps. Les genoux qui protestent. Le dos qui hurle le soir quand on s'allonge. Le matelas qui s'affaisse. Les chaussures qui semblent à des années lumières quand il faut les lacer.
Et la faim, la faim qui est toujours là qui guette! La culpabilité quand on mange et quand on ne mange pas. Dès que la faim est là. A avoir honte d'avoir faim. A avoir honte de manger un yahourt. A avoir honte d'avoir envie. A avoir honte de craquer, et de se faire plaisir.
Les jours qui passent, cloitrée chez soi. Le dehors devient hostile. Les mamans à la sortie des classes. Les enfants dans la rue. La boulangère, la pharmacienne... L'impression que tous me regardent. L'envie de ne plus jamais sortir.
L'impression de voir avec tant d'acuité dans le regard de ses proches, tant d'acuité et de sévérité. La peur de choquer mes nièces et neveux rien que par mon apparence. La panique à l'idée de ce qu'ils vont penser.
Honte d'exister simplement, certains jours.

C'est pas pour caliméroter.

Ceux qui ne sont pas vraiment gros ne peuvent pas comprendre ça. Ceux qui pensent en me lisant que j'en rajoute et que "je ne suis pas si grosse que ça, enfin!" ne peuvent pas comprendre.

Je suppose que ce genre de chose arrive même à des gens qui n'ont que 5 ou 10kg de trop. C'est aussi dans la tête, comme on dit.

Et chaque mois, la visite fatidique chez la gynéco! L'appréhension du verdict de la balance. Son regard sévère, ses mots acerbes...

Vivement que tout cela finisse!

Et quand ce sera fini, quand Camille sera dans mes bras. Arriverai-je à perdre tous ces kilos? Je ne sais pas... j'ai peur que rien ne change! J'ai peur de ne pas y arriver. De me baffrer comme une vache et de grossir encore, encore et encore...

J'avais pas rêvé de ça pour ma grossesse.

Souvent je dis que la grossesse est le seul moment où on a le droit, ou au moins l'excuse, d'être grosse et moche. Le droit d'exiger une glace à 10h du soir, des fraises, un gateau, un massage, un bisou...
Le droit de se plaindre à longueur de temps! De demander à son chéri la télécommande à 2 mètres de sa main, le téléphone, mon tricot...
Le droit d'être à ce point autocentrée que le moindre bobo, le moindre petit prout, va être commenté en long en large et en travers toute la soirée sur des forums de discussions entre copines.
Le droit d'avoir des vergetures, de l'acné, du poil au menton, des bras qui pendouillent, et d'exiger que chéri nous trouve encore belle et attirante et nous désire encore...
Le droit de chouiner pour un oui ou pour un non, d'envoyer balader, de "snuter" comme disent les copines, d'oublier le lait sur le feu, la tarte dans le four, et le gosse à l'école... non, pas le gosse à l'école quand même!
Le droit d'être une princesse, une petite fille égoïste et capricieuse, tout en étant mère en devenir... comme pour savourer une dernière fois ce que l'on perd à tout jamais...

Et nos proches bienveillants nous accordent tous ces droits, font preuve de trésors de patience, de réserve, de maîtrise de soi.

Et malgré que tout le monde se coupe en 12 pour nous laisser vivre tout cela, il y a ce miroir, ce fichu miroir.
Et finalement on profite pas. Et finalement ce n'est pas amusant toutes ces gamineries. Finalement c'est la roue qui tourne, le temps qui passe, l'âge qui s'égraine et les enfants qui grandissent.

C'est Ophé qui va avoir 15 ans.

C'est le lardon qui pousse comme un champignon.

C'est chéri qui prend du bide.

C'est mes cheveux qui grisonnent inexorablement.

C'est cette toute petite puce en moi dont je guette chaque mouvement. Dont je guette par avance le souffle qui naîtra bientôt et dont je serai responsable.

Un deuxième enfant, ce n'est pas comme un premier. On sait déjà toutes ces choses là. Toutes ces choses merveilleuses mais qui pèsent. Cette responsabilité écrasante. Ces joies, cet émerveillement, dont on ne peut même pas s'attribuer la gloire. Tout ce qu'on peut faire, c'est les regarder grandir, les regarder apprendre, essayer nous aussi d'apprendre tant qu'on le peut encore. Les guider modestement. Les amener vers des situations, des lieux, des expériences dont ils pourront se nourrir un peu plus, un peu mieux. C'est se sentir dépassé constamment, "largué", mais fier! C'est piquer des coups de sang, de colère, en essayant de retenir encore un peu ce sentiment absurdement propriétaire! "Tu es à moi! Tu es mon enfant! Je te contrôle!" Fadaises! Dangereuses fadaises!
On ne contrôle rien, on ne possède rien, on a juste l'immense privilège de voir nos enfants grandir et nous couvrir d'amour, d'autant d'amour dont on les couvre nous aussi, pas toujours du meilleur escient, mais toujours sincèrement.

Mais pour l'instant, ma fille, tu n'es qu'une toute petite bulle d'amour en mon sein. Je n'ai aucun contrôle sur toi. Je ne peux rien faire qui te nuise, ni rien qui t'apporte vraiment. Je savoure chacun de ces moments sereins, la main posée sur mon ventre, à observer les vagues et les bosses que tu daigne m'offrir quand tu en as envie, sans même surement avoir conscience de mon regard qui te guette et qui te couve.
Rien ne compte d'autre que ce cocon où l'on se retrouve... toi, moi, ton père et ton frère. Peu importe la balance, peu importe le dos qui crie, les crampes qui mordent, le bassin qui grince. Je prise de sang, j'échographise, je gynécoloise et je sophrologise même, et j'éloigne de moi toute idée de me battre contre des moulins à vents, de me lancer dans des combats stériles qui me font perdre ce temps précieux qui file à toute allure!

Moins de trois mois me séparent encore de toi! Un clin d'œil dans une vie! J'ai si hâte de te voir, de sentir ton petit corps tiède dans mes bras. Et si peur en même temps de tous ces choix inexorables qu'il me faudra faire. De ces "ratés", ces erreurs, ces directions que tu prendra à cause ou grâce à moi... Mais je sais aussi que tu saura faire ton chemin, construire ton identité à partir de tout ce matériel autour de toi, avec ta propre personnalité, ta propre sensibilité, et tes propres choix.

Je ne te promet rien, Camille, même pas de faire de mon mieux, car ce serait présomptueux de savoir ce qu'est mon mieux, si tant est qu'il existe un mieux! Mais je serai là à te regarder avec amour, fierté et reconnaissance... Je ne te laisserai jamais tomber, je t'encouragerai, je t'engueulerai parfois, je te donnerai de bons et de mauvais conseils, de bons et de mauvais exemples, j'esserai 100 fois d'intervenir dans ton développement, et 100 fois tu me repoussera et me montrera des voies que je n'aurais jamais envisagées! Je serait tantôt humble et tantôt envahissante. Tantôt angoissée et tantôt téméraire. Tantôt injuste, tantôt clairvoyante.

Je serai ta maman, tout simplement, dès aujourd'hui et pour toujours!

11 mars 2009

HAPPY BIRTHDAY MA LOULOUTE!



Aujourd'hui c'est au tour de ma nièce Maëlle de prendre un an de plus!

12 ans! La vache ça rigole plus! Une ado de plus dans la famille, et quelle ado!

Alors un post spécial aujourd'hui pour une nièce spéciale elle aussi! J'espère que tu gardera tout au long des années ta gentillesse gendaire, ton amour des petits, ta patience (presque) sans limite, et que tu continuera à devenir de plus en plus jolie chaque jour!

Je te fais des gros bisous, on se verra en Avril j'espère!

05 mars 2009

BON ANNIVERSAIRE MA SOEUR

Aujourd'hui la star du jour c'est VIOLAINE!

Je sais pas si j'ai le droit de dire quel âge ça te fait! hihi!

Je pense fort à toi en cette journée particulière! Je t'aime fort et je te souhaite plein de bonnes choses pour toi et rien que pour toi! C'est TA journée j'espère que tu vas en profiter à fond!

02 mars 2009

Si ça c'est pas d'l'amour!!!

Mon chéri m'a composé une musique rien que pour moi! C'est très personnel, c'est fait avec le coeur et des heures de travail nocturne aaaah la bonne excuse : "oui je sais chérie je me suis couché à 5h du mat mais c'était pour te composer une musique" que voulez vous répondre à ça, hein?
Rien, un gros bisou et plein d'émotion!
J'espère que vous prendrez autant de plaisir que moi à écouter ce petit bijou :