20 mars 2008

Des nouvelles du front...

Ainsi front, front, front...

Si la situation était explosive il y a peu, la vie n'en reprend pas moins son court et la terre n'a pas cessé de tourner (et non!). Rien n'a pourtant vraiment bougé au pays de la boucherie, ni dans ma tête à moi, mais patience...
J'ai repris d'autres habitudes avec le nouveau contexte professionnel, et ma nouvelle collègue Sophie ne se révelle pas seulement parfaite physiquement mais aussi une parfaite compagne de bureau! Sisi! Incroyable! Elle a vite compris comment le monde tournait ici et a vite cerné JPD sans que j'ai grand chose à faire moi même pour le lui expliquer. Les semaines se jalonnent entre incartades et travail, elle tiens bon la petite Sophie et elle ne s'en laisse pas conter! Mieux encore, elle me défend bec et ongle contre le duo infernal : JPD et Céline...
Entre l'une qui me demande mielleusement de lui montrer mon travail "mais c'est pas pour te piquer ton poste hein!" "ah bon? tu me rassure!" et l'autre qui me prédit que "je vais en chier" (ce sont ses termes) ou "que je suis sur la sellette" dès qu'il en a l'occasion, Sophie enfourche son destrier de chez Renault plusieurs fois la semaine pour aller régler les comptes au "QG" de nos deux compères.
Mon patron s'étant vengé sur moi du départ de Nati (et si! il l'a fait! Parano, quand tu nous tiens...) d'une façon très mesquine que je ne puis détailler ici, Sophie a à nouveau pris ma défense en infirmant les bruits qu'avait lancé JPD comme quoi j'arriverai en retard le matin, partirait en avance le soir et ne ficherai rien de mes journées... (c'est l'hôpital qui se fout de la chârité je vous jures!).
Le pire c'est que si à une époque je ne croulais effectivement pas sous le boulot (de là à dire que je me tournait constamment les pouces faut pas exagérer!), depuis que Sophie est là je n'arrête pas!
Mon patron pour l'occasion m'a offert un joli logiciel de gestion qui me permet de passer les 3/4 de mon temps à faire de la facturation... ce n'est pas très rigolo comme travail mais maintenant que j'ai pris mes marques je vais vite et j'arrive à me ménager de petites pauses à moi, je retrouve mes habitudes... Je m'occupe toujours du calcul du chiffre d'affaire des 5 boutiques et des 4 sociétés, du calcul du "kilotage" de viande achetée, et de la traçabilité avec Bruno...
Ah! La traçabilité! C'est à la fois le moment le plus terrible et le plus récréatif de mon travail. 2 fois la semaine, Bruno arrive avec les factures des fournisseurs et les commandes des magasins. Il me dicte à la vitesse de la lumière (Bruno c'est un peu Timsit, vous voyez? Avec la voix hyper speed et tout) toutes les informations sur les produits qu'ils ont été acheter et qu'ils ont distribués aux boutiques : pays de naissance, d'élevage, d'abattage, de découpe, quantité livrée, prix etc... Une journée d'achats nous prend 1/2 journée de traçabilité et on va très très vite! Heureusement que je tape particulièrement vite parce que c'est pas évident! A la fin de cette 1/2 journée je suis lessivée, mais Bruno est une vraie bouffée de bonne humeur et on rit beaucoup! Bon des fois c'est pas évident parce qu'il me glisse 4 conneries au milieu de 2 informations mais je commence à avoir l'oreille habituée :D
Breeeeef! Comme toujours je fais avec ce que j'ai et j'y trouve mon compte comme je le peux. C'est bien loin de ma formation et de mes aspiration (de mon potentiel dirait Jérémie) mais en attendant c'est toujours mieux que rien. Je consulte les offres anpe dès fois que, mais à part des tourneurs-fraiseurs et des éducateurs spécialisés ils ne cherchent pas grand chose...
Pendant que je facture la traça que j'ai faite avec Bruno, je compose en secret dans ma petite caboche des rimes et des vers que je partage ensuite sur un site que j'ai découvert récemment... ça permet de voyager un peu, et ça donne un peu ça :
GROS BOUT DE POITRINE (A trop plonger mes yeux dans ton regard si clair) VAMX 8077740 (envolée dans les cieux des amours éphémères) FR FR FR6208601 (j'ai oublié mes voeux et cru en ces chimères) FR0240806 (qui disent quand on est deux plus rien n'est nécessaire) 17,4kg à 4.6€
Quand Sophie arrive à ce moment dans mon bureau en me demandant si je veux un café, je dois avoir un drôle de tête... :D

Je fais tellement de choses à la fois que le soir j'ai eu peu du mal à me recentrer, sans compter que je me gave de café la journée et ait du mal à me coucher tôt le soir. Avec un lardon d'amour couché à 20h30, heureusement, j'ai une bonne partie de la soirée à moi que je consacre aux activités que j'aime ou simplement à regarder un bon film avec Jérémie.
Mardi nous avons regardé "Into the wild" et j'ai pas vraiment aimé. Il y a des messages dans ce film qui m'ont pourtant beaucoup interpelée, mais bon c'est vrai que le doublage canadien enlève pas mal de crédibilité au film! Et puis bon, ça reste quand même l'histoire d'un fils à papa bourge qui en a trop marre d'être riche et d'avoir des parents qui comprennent pas qu'il a paaaaas envie d'une voiture neuve, et qui brûle donc ses billets de banque, ses cartes d'identité et de crédit pour partir à l'aventure direction l'alaska... Retourner à l'état sauvage, c'est hyper "hype" comme idée, mais seulement dans un pays où la nature est belle et riche hein... j'crois pas qu'il se serait lancée dans la même aventure ailleurs... c'est ça qui m'a déplu un peu.

En tous cas, à mesure que je retrouve ma routine et que je suis plus posée, Cédric l'est aussi et ça ça fait plaisir! J'arrive mieux à organiser mon temps avec lui et c'est quand même le but de l'opération, non? J'ai droit à de grooos calins le matin dans mon lit avec des "maman t'es une princesse, t'es trop belle!" qui me font fondre de bonheur!
Il se passionne pour les insectes en ce moment! Dimanche en rentrant de Quincy le soir sous la pluie, Cédric a trouvé un vers de terre sous l'abri bus et ça a été tout un drame quand il a fallut abandonner son "copain vers de terre" pour monter dans le bus...
Idem l'autre soir en rentrant de l'école avec un escargot, mais cette fois Cédric a accepté de poser son "copain escargot" sur une feuille pour qu'il puisse manger...

Voilà donc tout va plutôt bien à truissieland, même si ça pourraît être mieux, et même si c'est encore le bazar dans ma tête, je sais que les choses s'arrangeront dans un avenir plus ou moins proche, et en attendant, reprendre des habitudes me fait beaucoup de bien.

16 mars 2008

L'enfant et la vie...

Et non ce n'est pas le titre de mon prochain roman, mais celui d'une revue dont j'ai fait la connaissance il y a peu de temps (et dont j'ai beaucoup à apprendre encore!) parlant de l'éducation de nos jeunes et moins jeunes, et destinée aux "Parents chercheurs"

Mais que viens faire une truie comme moi dans cette affaire?

Et bien figure toi cher lecteur, qu'à la lecture des articles de ce magazine, il m'est devenu de plus en plus évident que les thèmes abordés méritaient d'être débattus dans un espace dédié, par exemple un forum.
Voilà-t'y pas qu'au même moment je trouve dans le courrier des lecteurs la requête d'une femme qui demande si un forum existe, ce à quoi la rédaction répond "non", parce qu'ils n'ont personne sous la main pour monter un forum...
En fait, je le découvrirais plus tard, ce n'était pas la seule raison de l'absence de forum, mais celle-ci fit vibrer en moi la corde truitesque et me poussa illico presto à envoyer un mail à la rédaction pour leur proposer mon savoir en la matière...

De mails en coups de fils, le temps passe et le projet mûrit. Je découvre en Odile, la rédactrice en chef (s'il vous plaît) de ce fabuleux trimestriel, une volonté de faire, mais surtout de bien faire, qui reprend en echo exactement ma façon de raisonner, mes propres attentes et ambitions, et mon perfectionnisme prudent :)
En plus, elle a la voix et le phrasé de ma psy! Je suis obligée de me retenir de lui raconter mes petits malheurs à chaque coup de fil :D

Bref, à l'heure d'aujourd'hui, j'ai réservé le nom de domaine et l'hébergement, chez phpnet à qui je confie pour une somme modique toutes mes créations depuis des années (je vous le conseille, au passage!), je planche sur la rédaction d'une charte, avec Odile, avant de lancer la machine :)

Ce sera un phpbb3, c'est décidé! Même si j'ai dû faire marche arrière avec noway (impossible de réutiliser mes templates et mes modules), il sera parfait pour une installation de zéro...

Voilà donc mon nouveau bébé, c'est pour très bientôt! Le forum s'adresse avant tout aux lecteurs du magazine, et Odile va mettre une annonce de "recrutement" dans le prochain numéro pour que je me constitue une équipe de modération de choc! J'ai déjà demandé à notre amie Salwa, alias TM de participer à ce projet!

Voilà cher lecteur, un petit moteur qui va me faire le plus grand bien!

27 février 2008

Petit lardon devient un grand...


On va commencer par un "fil rouge", pfff en fait j'en ai plein mais je les oublie au fur et à mesure c'est terrible! Mais je ris encore de Cédric qui se met à chanter sous la halle du marché il y a quelques jours :

"Les mecs ils sont tous nus... les mecs ils sont tous nus... les mecs, les mecs, les mecs ils sont tous nus!" (Pour ceux d'entre vous, chers lecteurs, qui vivent dans une grotte au fin fond de la creuse et n'auraient pas entendu la vo de cette chanson, il s'agit du fameux "parle à ma main" du non moins fameux Michael Youn (pour ceux qui ont perdu leur 2e degré avant d'entrer non je ne suis absolument pas fan de cet individu ni de ses productions...))

Puis après une pause : "maman pourquoi ils sont tous nus les messieurs?"

Une mignonne aussi ce soir en couchant cédric, je fais le bisou j'éteint la lumière et je vais pour sortir, et Cédric (je rappelle qu'on est en plein milieu des vacances scolaires chez nous) de me héler de sa petite voix : "Maman, tu n'oubliera pas d'aller à l'école demain pour discutter avec ma maîtresse?" J'ai hésité 1/4 de secondes à lui demander de quoi il voulait que je discutte avec sa maîtresse et que non j'irais pas à l'école parce que l'école est fermée pendant les vacances, mais vu le genre de discussions que ça risquait d'entrainer, j'ai répondu d'un ton confiant "bien sûr mon chéri, je n'oublierai pas!"

Bon, à part ça j'ai récupéré cédric ce soir d'un petit séjour chez sa mamie et il m'a couverte de bisous et de "je t'aime" ça faisait longtemps, et il a été bien plus gérable qu'il ne l'avait été depuis des jours! Bon y'a eu quelques bêtises et quelques prises de bec mais dans l'ensemble il était bien mieux, mieux dans ses baskets en fait!

Petit lardon est devenu un grand lardon plein de vie... bientôt 4 ans ça passe si vite! Il a gardé sa profonde gentillesse, sa volonté de bien faire, ou de faire tout court, quand il a décidé de... rien ne l'arrête! Il pousse comme un champignon, il est immense et bâti comme un rugbyman! (107cm pour + de 17kg) Il est plus beau de jour en jour, a rattrapé complètement son petit retard de langage...

Son pied a toujours besoin de rééducation, on avance doucement mais surement.

La semaine dernière il m'a fait un cirque affreux pour ne pas aller chez le kiné, je l'avais jamais vu comme ça c'était horrible! A hurler dans la rue, s'aggriper aux réverbères et tout et tout!

Et là j'ai été immensément soulagée ce soir quand je le couchais et que je lui mettait son attèle de nuit, il a dit à son attèle "tiens bien mon pied petite attèle, moi je vais chez gildas (le kiné) parce que j'ai un pied normal mais l'autre je peux pas courir" j'ai réctifié en lui disant qu'il courrait très bien mais que malheureusement son pied n'était pas droit, spécialement quand il courrait... Il n'a rien dit, je pense qu'il voulait surtout m'informer qu'il était à nouveau volontaire pour poursuivre le traitement...

Vraiment ça me soulage parce que c'est un déchirement d'emmener son fils quasiement de force chez le kiné toutes les semaine et de l'entre hurler "j'en ai maaaaarre du kiné! J'ai plus besoin du kiné moi!"

Par contre j'ai tiqué un peu ce soir à table Jérémie lui disait qu'ils seraient tous les deux demains et que c'était lui qui l'emmènerait au kiné et cédric s'est illuminé et a dit "ah oui on ira tous les deux comme ça Gildas nous soignera tous les deux, il touchera ton pied et après le mien" Jérémie n'a pas démenti, il a dit "oui on ira tous les deux, on sera entre hommes" mais j'ai peur que cédric soit déçu de voir que son père n'a pas besoin d'être soigné par le kiné... Il se raccroche à l'idée que Jérémie a eu une entorse cet automne et a eu besoin d'une attèle quelques temps, il a pu s'identifier à ça et c'est très bien mais j'espère qu'il ne sera pas déçu de voir que son père n'a plus besoin de soins alors que lui, si...

En dehors de ça on traverse une période pas très facile d'opposition avec cédric et c'est dur de garder son calme, il cherche beaucoup le conflit, répond, provoque... souvent je sors de mes gonds et je n'aime pas ça...

J'ai l'impression cependant qu'on a passé le cap critique et que c'est en voie d'amélioration... je vais pouvoir retrouver mon petit bonhomme plus calme!

Ce soir j'ai dû un peu le forcer à aller jouer dans sa chambre, il ne veut jamais jouer... On a pourtant fait un puzzle tous les deux et passé un bon moment ensmelbe, il en avait besoin vu qu'on s'était pas vu de plusieurs jours, et ensuite quand je suis allée faire du ménage et le repas, il tournait et virait et touchait à tout ce qui lui était interdit... j'ai un peu haussé le ton pour qu'il aille dans sa chambre, et 5 minutes après il jouait gentiement la porte ouverte... ça a duré jusqu'à ce que je l'appelle à table! Ouf! ça faisait longtemps ça aussi que ce n'était pas arrivé!

A part ça c'est un enfant très vif, très souriant, il a une énergie communicative et il est très expressif! Forcément comme c'est mon lardon je le trouve extraordinaire et exceptionnel (oui, j'avoue!), mais je pense que plus humblement c'est vraiment un enfant particulier, je ne saurais pas trop définir comment... il attire la sympathie des gens tout simplement...

Par contre il a du mal à se concentrer, à être attentif, à écouter et comprendre une information. La plupart du temps il n'est pas assez concentré pour comprendre ce qu'on lui demande... c'est assez frustrant pour moi qui ne suis pas très patiente et surtout très exigeante avec mon fils, mais je fais de mon mieux pour brider mes impulsions! En même temps il me rappelle vraiment moi à son âge... je n'ai commencé à réellement comprendre la signification d'une demande ou d'une explication que vers 6 ans, et pleinement vers 8-9 ans! vivi! j'étais pas en avance! Ca ne signifie pas que j'étais plus bête qu'une autre et j'ai eu d'excellent résultats scolaire dans ma petite enfance (ça a pas duré hein :D ), mais j'étais comme lui incapable de me concentrer sur des paroles ou un edirective. Je me souviens, bien que vaguement, à l'âge de Cédric, que par moment les paroles qu'on prononçait (à mon attention ou non!) m'apparaissaient comme des sons, une sorte de bruit ambiant ou de mélodie et que je fixait mon attention sur cette suite de sons sans en dégager une signification...

Bref, sans faire de transfert, c'est vrai que cédric me ressemble en bien des points, pas en tous heureusement, et il tient son entêtement caractérisé de son père, ça c'est sûr! Cédric a un entêtement franc, alors que moi je suis tenace, mais en douceur... on ne me vois pas venir!

Un autre exemple de ressemblance entre mon fils et moi : cédric ne pense pas toujours à avaller sa salive. Petit c'était un vria escargot, pire, une fontaine! Moi je ne pense pas avoir bavé autant, et je pense que c'est sa fente qui provoquait une hypersalivation, mais aujourd'hui il bave beaucoup moins en quantité, mais fréquemment quand même.

Je me rappelle nettement à la maternelle jusqu'à mon entrée en cp, m'être moi même dit avec angoisse "est ce que j'arriverai un jour à me rappeler d'avaller ma salive?" c'était devenu ma préoccupation principale pendant un moment, me rappeler de ne pas baver pour ne pas qu'on se moque de moi...

C'est venu naturellement en son temps...

Du coup je stresse moins d'avoir mon propre exemple en tête et je sais que "tout vient à point à qui sait attendre!"


Bon je vais te laisser cher lecteur, ma couette m'appelle!!!

23 février 2008

Nostalgiiie

Je suis entrain de faire un dvd de toutes nos photos, retraçant un peu notre histoire de famille quoi...

Et donc j'épluche les vieux répertoires de nos premières photos numériques, qui coïncident avec notre rencontre, et je me revois telle que j'étais alors, tels qu'on était alors... fffiou! ça fiche une claque quand même!

C'était moi ça, tout ça! Ce ptit cul, ces amis, ces éclats de rire, cette vie!

Je me demande parfois ce qui m'est arrivé, comment tout à coup cette réalité, ce présent, est devenu le passé, sans que je m'en aperçoive, comme si ça m'avait été arraché!

Moi j'étais truiss, cette fille gentille et rigolote, un peu égocentrique, beaucoup frapadingue, créative et introvertie, écrochée vive et généreuse, suceptible mais pas rancunière...


J'étais aussi cette fille qui mettait des collants-chochons et qui portait ce fameux jean trouvé, arraché, élimé, savemment tailladé, sur lequel des tas des gens de tous les pays qu'on a visité avec Bunny avaient signé et dessiné. Ah! si vous m'aviez connue alors! Comme je regrette de ne pas m'être connue moi même alors! De n'avoir vécu que dans cette illusion du regard de l'autre!

Dans la lueur inquiète d'un regard posé sur moi, toujours dans l'attente du "qu'est c'qu'on va penser"... Et en même temps pour pallier à ça je me jetais à corps perdu dans cette vie, je m'offrais sans pudeur, j'allais au bout de ce qui m'effrayait, comme pour conjurer le sort. Je ne tenais pas en place.

Et je mangeais des platrées de nouilles, d'énormes glaces, des gratins d'auphinois et des soirées-mousse-au-chocolat avec Bunny, et je prenais pas un gramme... Ca me choque je vous jures! Je trouve ça injuste! Pourquoi ça a changé tout ça?

Pourquoi je suis maintenant énorme, pleine de vergetures et de cellulite, aigrie, amère, encore moins confiante en moi qu'avant?

Pourquoi je me fais chier dans un boulot de merde, à passer chaque jour de ma vie à me convaincre que je suis une moins que rien? Pourquoi je fais ça bordel?

Regarder cette fille là, celle que j'étais, ça me redonne encore un peu envie, envie de me battre et un peu de fierté aussi... j'ai été ça, ça a été moi, je peux encore conjurer le sort, je peux encore me reprendre en main... y'a pas tant de temps que ça qui s'est écoulé, j'ai encore quelques cartes en mains, quelques atouts, et j'ai même gagné quelques donnes, j'ai surtout mis au monde le plus merveilleux des petits graçons, alors quoi! Je peux y arriver!

Je peux redevenir une truie rigolarde et créative! Je peux ouvrir à nouveau mes mains et y voir s'envoler quelques poussières d'or, comme une promesse d'avenir!


18 février 2008

Panne de cerveau

Allez on s'lance! Sinon tu vas dire que je t'ai oublié cher lecteur.

C'est pourtant pas ma faute, j'ai une panne de cerveau! Rien envie d'écrire!
C'est bizarre, d'ordinaire ça m'arrive 100 fois par jour de penser à des trucs que je pourrais dire dans le blog, après je le fais ou je le fais pas hein, mais là rien, niet, nada...

Alors je t'écris pour ne rien dire! Si c'est pas malheureux ça! J'me sens toute vide, c'est bizarre... ça m'arrive pas souvent!

Enfin quand même il faut que je te dise que ça va mieux dans ma tête, même si on croirait pas en lisant ce message (donc, je précise, histoire de pas faire passer de calimérotage là où il n'y en a pas...). Je commence à retrouver une certaine routine au boulot, et comme tu le sais (ou pas!) cher lecteur, j'ai besoin de routine, oui, moi, la truiss! J'ai besoin de routine pour me sentir bien!
Chuis ptet fofolle, extravagante, ouverte et tout, j'ai besoin de mon ptit confort pépère, mes ptites habitudes mémé-esques pour être bien dans mes godasses.
Tiens, par exemple, suffit que Jérémie bouge un meuble de place dans la maison et c'est bon c'est fouttu je dors pas de la nuit je suis nerveuse, iritable, jusqu'à ce que ledit meuble ait trouvé une place définitive, et qu'on ait attribué à son espace "une place a chaque chose et chaque chose a sa place" (dixit Jean Yves, mon Beau Père)

Alors tu comprends cher lecteur, enfin d'ailleurs non tu comprends ptet pas parce que j'ai rien raconté dans ce blog tellement j'étais an-goi-ssée ces derniers temps : Nati est partie...
Nati est partie ça fait 3 semaines. Elle a posé son préavis 3 semaines plus tôt, c'est à dire il y a 6 semaines, c'est à dire peu de temps après les vacances de Noël, c'est à dire en plein dans notre rupture à Jérémie et moi si j'me trompe pas, ou juste après...
Enfin bref c'était déjà dur quoi, à la maison... et là paf! Nati qui me quitte aussi... la tuile!
Bref! Comme je suis une truiss, j'ai fait l'autruche ou plutôt carpe diem... tant qu'elle était pas partie, elle était pas partie... chuis pas du genre à trop anticiper, enfin c'est la vie qui m'a apris ça (oui j'ai quand même fini par retenir un truc dans tout ce merdier!). M'enfin c'était pas la joie, c'était d'autant pas la joie que je savais pas ce que j'allais devenir, ni à quelle sauce on allait me manger.
Durant ses trois semaines de préavis, on a vu personne au bureau, à part Bruno et La maille (c'est un collègue qui fait un peu de tout, on l'appelle la maille, c'est comme ça, je t'explique pas pourquoi sinon j'irai jamais prendre mon bain qui m'attend moi!), et encore ils faisaient ceux qui savaient pas même s'ils sont sympas gentils et tout... Ils étaient tristes pour Nati et moi mais ils devaient avoir des ordres d'"au-dessus", et du coup c'était silence radio.
Même pas on savait si Nati allait être remplacée. Même pas je savais si j'allais rester dans ce bureau, ou déménager pour retrouver Céline et JPD qui me haïssent cordialement l'un et l'autre...
Voilà donc un bon motif de stressage, mais bon comme je te le disais cher lecteur en bonne truie procrastineuse qui se respecte j'ai une perception du temps, et de l'avenir en particulier, un peu déformée, et ce temps là n'existe pas tant qu'il n'est pas arrivé, ce qui empêche pas d'angoisser, mais assez d'anticiper.
3 Semaines ont passé donc de silence total. Pas vu une seule fois mon patron.
Quelques jours avant le Last Day de Nati, j'ai appris par nos deux compères, Bruno et La Maille, qu'ils avaient trouvé une nouvelle comptable. Pas moyen de savoir si elle allait bosser avec moi au bureau ou non, ou quoi ni qu'est-ce.
Et donc voilà, Nati est partie, et j'ai passé une semaine toute seule au bureau sans nouvelles de personnes, sans boulot à faire à part celui que j'avais en cours, sans savoir ce que serait mon avenir boucheresque.
Et puis y'a eu cette histoire de mot de passe... voui! Pasque Nati avait pas eu son solde de tout compte, alors elle était partie en changeant les mots de passe de la compta et m'avait dit qu'elle les donnerait que si elle avait ses papiers et ses sous...
Donc forcément genre la veille de l'arrivée de la nouvelle comptable, mon patron se rappelle que j'existe et qu'on peut pas accéder à l'ordi et là il me passe un savon pas possible au téléphone, comme quoi j'ai qu'à me démerder pour l'avoir ce mot de passe...

J'appelle Nati, dans tous mes états et je lui explique...

Quelques heures plus tard mon patron débarque dans mon bureau (ouah! Bientôt un mois que je l'avais pas vu, tout juste si je me rappelais son visage!) et me repasse un savon, en insinuant que ça pouvait être que moi qui avait changé les mots de passe (c'est gentil de me rendre indispensable, mais l'a fallut que je lui explique que non, ça, c'était à la portée du premier débile venu... et comme Nati est pas débile ça tombe bien...). Comme d'hab il hurle et je peux pas en caser une.
Je lui ai proposé un café pour le calmer et il a daigné m'informer de l'arrivée de la comptable le lendemain (trop aimable, merci!), du fait qu'elle allait bosser avec moi (fffiou! le noeud dans mon bide prend une toute autre forme!), et qu'il fallait maintenant que je collabore et pas de gniagniagnia (oui j'ai l'habite de pas collaborer et de mettre des bâtons dans les roues aux gens, tous ceux qui me connaissent vous le diront!).

'fin bref! c'était foklo!

Maaaais un peu plus tard, Nati alertée par mon message sur son répondeur, a appelé le patron (fallait vraiment qu'elle m'aime pour faire ça!) pour régler cette histoire, et elle lui a dit que les mots de passe compta étaient un renseignement confidentiel, qu'elle ne pouvait transmettre qu'à son patron ou à la nouvelle comptable, et comme il avait refusé de lui parler pendant tout son préavis elle n'avait pu le lui donner (pan! dans ta face!). Sur quoi elle lui a proposé un deal : qu'elle vienne au bureau le lendemain donner les mdp en échange de son solde de tout compte :D
L'est trop forte Nati!

Doooonc depuis lors j'ai une nouvelle collègue. La pauvre a pâti elle aussi de l'attitude de notre patron puisque s'il avait pas fait son boudin dans son coin il l'aurait présentée à Nati pendant son préavis et elle aurait pu lui passer la main, au lieu de quoi elle est obligée de se démerder et c'est pas la joie...

Et donc alors encore, depuis ce changement de mes ptites habitudes professionnelles, je ne dors plus la nuit... J'en ai profité pour chopper la grippe sitôt ma collègue arrivée, et hop! 1 semaine d'arrêt!
Pendant toute la semaine j'ai harcelé Jérémie (qui m'a rejointe dans mon lit de convalescence puisque je lui ai filé aussi mes crobes) avec le boulot, et mes sempiternels "et si?" "et tu crois" "et alors?" "ah je sais" "ah mais non!" "ah mais peut être"... bref j'ai été infernale...

La reprise a pas été fastoche, jusqu'au moment où j'ai déballé mon sac à ma pauvre collègue qu'avait rien demandé à personne, mais bon fallait que ça sorte!
Faut dire que depuis son arrivée elle passait au moins la moitié de son temps dans le bureau de JPD et de Céline à se faire laver le cerveau made-in JPD quoi... donc je présumait qu'ils l'avaient bien mise en garde contre moi et tout et tout...
D'ailleurs je présumais bien puisqu'une de ses premières paroles pour moi a été : "je suis ta responsable..." joliiiiii! En un an Nati n'a pas eu le culot de me dire ça une seule fois! Et pourtant elle aurait pu 1000 fois sans me vexer!
Bref... c'était mal barré tout ça alors j'ai vidé mon sac, je lui ai dit tout ce que je ressentait, tout ce que je pensais du boulot, de la situation, des gens, tout ça, que j'en dormais plus, que je tremblais comme si j'avais alzheimer, et tout et tout...

Alors depuis je me sens mieux...

Elle est pas forcément très châleureuse la Sophie, mais elle est sympathique... Enfin quand je dis châleureuse, elle fait pas trop ami-ami quoi c'est ma collègue point barre, et en même temps c'est bien. On s'entend bien, même des fois on rigole, on a quelques points commun, elle est un peu débordée et apprécie mon aide je pense.
Bref voilà je reprend petit à petit mes habitudes de mamie (sauf que c'est fini les vacances, je bosse comme une dingue!), et ça me rassure. Du coup chuis moins chiante at home je pense et ça se ressent.

Je savoure de me sentir appaisée après plus d'un mois de stress total, d'insomnies, de crises d'angoisse intempestives... à peser le pour et le contre de me faire prescrire des anxiolitiques...

Donc chez lecteur je VA BIEN!




.... Mais chuis vidée, lessivée, raplapla, donc voilà pourquoi j'écris pas...




... ah ben si j'ai fait un beau pavé quand même!


... voilà!



... bonne nuit!





... j'vais prendre mon bain!

01 février 2008

Ah ça ira ça ira ça ira!

Je viens cher lecteur, pousser un cri d'indignation, un cri de protestation, un cri qui réunira les foules en colères sous la bannière de mon blog désormais connu du monde entier!

Je veux parler d'un problème qui nous concerne tous, et en particulier toutes, parce que la plupart des mecs s'en fichent un peu : le SHAMPOING! Cette vaste arnaque qui promet toujours de nous rendre plus belle que belle et dont le résultat n'atteint jamais ce qui est montré à la télé!

Non mais parce que bon, commençons par le commencement...

A part l'après shampoing "baume démélant" sans marque qu'on commandait chez maximo quand j'étais ado et qui rendait les cheveux vachement doux j'avais jamais trouvé d'autre shampoing qui me convienne que le elsève, pour ne pas le nommer...
C'est à dire que quand on a des cheveux de merde comme les miens - je dis de merde parce qu'en fait ils n'entrent pas vraiment dans une des catégories définies telles que : "cheveux lisses et soyeux" "cheveux ondulés en jolies vaguelettes" "cheveux blond platine brillants comme un soleil d'été" "cheveux admirablement frisés en impeccable serpentins tout autour de la tête" - j'en conclus qu'ils font partie de la catégorie "cheveux de merde", frisés mais pas crépus, secs, fourchus, cassants, rebelles, moutonnants, tendance à ressembler à du foin, bref... pas la joie!
La seule solution pour démêller tout ça, jusqu'ici c'était le élsève orange, celui qui sent bon en plus, et qui laisse les cehveux vachement doux.

Mais voilà que depuis quelques mois, je perds mes cheveux à une vitesse alarmante! A des moments j'avait carrément des trous clairsemés sur le crâne! J'ai mis ça sur le dos des hormones, du stress, de la contrariété, de la génétique, des extraterrestres...
J'avais bien une sensation bizarre chaque fois que je me lavais les cheveux, comme si l'après shampoingles rongeait un peu, je sentait que ça me brûlait légèrement la tête, et la peau même des heures après le rinçage, mais bon, j'utilisait ce shampoing depuis au moins 10 ans alors bon je l'aurai su quand même si c'était aussi toxique!

Et puis voilà qu'est arrivé cette pub, vous savez, à la télé, avec cette fille plantureuse et pulpeuse, les lèvres rouges et une énoooorme tignasse de cheveux noirs bouclés. Même qu'elle casse ses ciseaux parce que grâce à son shampoing elle a plus besoin de la couper sa tignasse alors elle fait des économies de coiffeur...
C'est clair que ses cheveux ils faisaient envie, tellement envie que je voulais les même! Et la pub garantissait que si moi aussi j'utilisait le shampoing panthène-filles-désespérées j'aurai des cheveux tout pareil avec des boulces impeccables, brillantes, soyeuses, lisses et tout et tout.

Ben tout ça c'est du mensonge! Mes cheveux ont un peu changé quand même c'est vrai, depuis que j'utilise panthène, ils bouclent mieux, mais ils restent toujours aussi mousseux, fointeux, ternes et moches.
Alors moi je dis : ils ont réussi à lui faire des super beaux cheveux à elle! Je suis sure qu'en arrivant au casting ses cheveux ils étaient mousseux et fointeux comme les miens, ou alors elle est pas humaine et j'avais raison : c'est bien un complot extraterrestre.
Donc s'ils savent le faire sur elle, pourquoi ils mettent pas dans leurs fichues bouteilles des trucs qui fassent pareil sur les miens, les votres et ceux de toutes les pov filles comme moi qui en ont marre d'avoir une touffe de chanteur affro des années 80's.

A la décharge de Pathène, depuis que j'utilise leur shampoing, la chute de mes cheveux a diminué de plus de la moitié. Ils sont un peu plus fort, même si toujours de nature fragile, je sent qu'ils sont en meilleure santé.
Le shampoing sent moins bon que le elsève, et il laissent moins une impression de douceur au toucher, il démêlle moins bien aussi, mais il détruit pas mes cheveux c'est toujours ça de pris. Et puis j'ai été étonnée de constater que je peux coiffer mes cheveux même en les ayant lavés sans mettre d'après shampoing, ce qui était carrément impossible avec le elsève (sans après shampoing j'avais juste des barbelés ou du papier de verre sur la tête).

Bon alors voilà messieurs les laborantins, les scientifiques de tous poils (c'est le cas de le dire!) de France et de Navarre : on sait envoyer des astronautes dans l'espace (bon des fois y'en a qui reviennent pas, mais quand même), on sait guérir plein de cancers maintenant, on sait fabriquer des tubes à la chaine et faire chanter n'importe quel crétin lambda qui s'inscrit à une émission de télé réalité, on sait fabriquer des systèmes d'exploitation tellement contre-performants qu'ils font exploser comme par miracle les ventes de matériel informatique de toute la planète... bref, on sait quand même faire plein de choses aujourd'hui...

Alors messieurs les scientifiques, faites quelque chose pour mes cheveux!

18 janvier 2008

Boules de neige et sapin blanc...

Tralali lali lala...
Oui, c'est une chanson d'un livre de noël de Cédric... on a les références qu'on peut hein! Tu fera moins ton malin cher lecteur gogunard quand tu aura des gosses (je dis pas ça pour ceux qui en ont déjà car eux ils ne rient pas!)! Faut me voir le soir en revenant du kiné à brailler de ma plus belle voix "j'ai une dent qui bouuuugeuh..." ou chanter à toute allure "wapiti dans ton tipi y'a t'y pas la toupie" sous les ordres de mon chef d'orchestre de fils!

Enfin bref! Mes 14 ans de conservatoire m'auront au moins servi à chanter à peu près juste les comptines du lardon!

Bon, j'étais pas venue vous raconter ça, en fait, j'étais venue vous raconter un peu notre noyel à la neige!

Donc on était partis pour aller à la neige en famille à Noël. Je vous passe sur le périple : quels billets de train, à quel prix? les heures passées sur le site de la sncf à comparer les tarifs et les trajets. Au final on s'est bien ruinés, sans oublier l'achat des cadeaux pour tout le monde, car la truie que je suis ne peut pas envisager de se rendre à une fête de noël sans cadeaux, même avec le compte à sec. On a donc fait l'impasse sur le matos de ski, pasque faut pas déconner, on part trois jours et c'est pas dit qu'on aura le temps d'aller visiter les pistes...

Ca s'est terminé en cata chez decathlon la veille du départ car la truie que je suis doit pouvoir répondre à toute éventualité et tant pis pour la banquière, c'est pas elle qui va se geler les fesses en jean dans la neige!

Voyez donc comme mon lardon était bien équipé!

Nous voici donc le samedi en début de soirée dans le train pour Marseille où nous allons rejoindre Babeth, Patrick et les enfants...

Tout était sensé bien se passer, jusqu'à ce que je décrète tout à coup qu'on est arrivés, que j'embarque le lardon et le jérémie pour sauter du train, avant de m'apercevoir qu'on est pas du tout à Marseille... Je sais pas ce qui m'a pris! Nous voilà donc au bord du quai désert à 50km de notre destination à 9h30 du soir...

Heureusement, Patrick est venu à notre rescousse en voiture...

Le lendemain, nous partons aux aurores à deux voitures, direction la neige! Je suis exitée comme une truie! Les enfants aussi!

Nous arrivons dans un appart châleureux, juste assez grand pour contenir les 12 adultes et enfants que nous sommes.

Le séjour a été riche en péripéties! Je dois bien te le raconter cher lecteur mais je vais pas rentrer dans les détails parce que c'est vraiment du domaine privée et c'est vraiment pas rigolo, or on est sur un blog RIGOLO (si! c'est un blog rigolo! celui qui le savait pas il SORT!), on a quand même rompu jérémie et moi le jour de noël... je te laisse imaginer... je te rassure ça s'est arrangé depuis pour notre plus grand bonheur... bref, fallait quand même peindre le tableau comme il est pour te laisser imaginer mon état d'esprit truitesque...

Alors voilà on est à la neige une fois tous les 10 ans donc on va en profiter hein! On va faire skier le lardon et pendant qu'on y est on va faire skier la truiss aussi, y'a pas de raison!

Côté lardon, c'était une franche réussite! Il a été ravi d'aller au jardin d'enfants où il a fait craquer tout le monde et s'est bien débrouillé!

Côté truiss heu... alors je suis allée exitée comme tout louer mes skis et les pompes de torture qui vont avec... j'en essaie une paire... heu... ça rentre pas... une autre : pareil, puis une autre, puis encore une autre...

vous auriez vu ma tronche! d'ailleurs vous la voyez, jérémie a immortalisé l'instant!

J'allais quand même pas sortir du magasin sans chaussures! j'ai ma fierté quand même, merde! Alors j'ai fini par prendre une paire de pompes, en serrant les dents, les fesses et les mollets pendant que le monsieur fermait les attaches, tout en prenant l'air détaché et naturel de la fille contente d'aller skier, bien dans sa peau et tout...

Je dois te dire cher lecteur, que je pense avoir fait un exploit dont bien peu auraient été capables en sortant tout à fait dignement du magasin. Je sais pas quel tête j'avais exactement, j'ai plaqué un sourire dessus autant que je pouvais, je crois que j'ai même glissé une ou deux plaisanteries d'usage, mais je sentait distinctement la sueur froide qui me coulait des tempes et dans le dos, et je me demandais comment je tenais debout.

Je te rappelle que j'avais le lardon avec moi, et ses chaussures et ses skis, et que j'étais toute seule à ce moment là (la photo c'était plus tard avec jérémie).

Il me fallait donc :
  • tenir debout

  • tenir le lardon

  • porter mes skis
  • porter les skis du lardon

  • porter les autres affaires
  • MARCHER.

Par bonheur comme on paie en rendant le matériel je n'ai pas eu à m'attarder. Je suis sortie du magasin comme j'ai pu, je sais pas comment en fait, et j'ai commencé à avancer comme ça, mon sourire crispé toujours affiché sur le visage, avec la certitude que ça allait pas durer longtemps. Vacherie de galerie marchande, avec des escaliers partout, il a fallut DESCENDRE les escaliers dans ces putains de chaussures qui me sciaient littéralement les jambes, et le bout de chou qui avait bien du mal à marcher correctement lui aussi avec ces cochonneries au pieds. Alors il a fallut que je le PORTE en descendant, lui, mes skis, ses skis, les battons, tout ça tout ça...

Je ne suis pas tombée. A l'heure d'aujourd'hui je saurais pas dire comment j'ai fait, mais je suis pas tombée...

En bas, il a fallut remonter le parking, c'était une épreuve de force, c'était tout enneigé tout verglaçé, chaque pas était une torture, un cauchemard.

Ensuite il a fallut passer le turbo pour traverser la route sans m'écrouler par terre et sans créer un embouteillage. A ce moment là j'étais déjà au bord de l'évanouissement, sans mentir!

Une fois de l'autre côté, j'aperçois derrière la buée qui embrumait mes lunettes de soleil et les étoiles qui dansaient devant mes yeux, un muret où je pourrais m'asseoir. Je m'y effondre, à deux doigts de perdre connaissance, en disant à cédric "maman s'assoit un peu, maman a mal aux jambes..."

Heureusement que j'ai un lardon adorable, cher lecteur, je te le dis!

A ce stade de l'histoire, tu imagine que je pouvais difficilement être plus désespérée. Me vla assise le cul dans la neige à plus pouvoir bouger, même pas retirer ces fouttues godasses vu que mes chaussures à moi étaient restées au magasin, essayant bravement de tenir le coup et priant pour que Cédric ne décide pas tout à coup que ça serait rigolo de jouer à chat sur la route... quand tout à coup... le vendeur du magasin, l'assassin qui m'a incrusté ces chaussures dans les mollets, passe devant moi. Il m'a vue assise là comme une âme en peine, au bord de l'apoplexie, et j'ai même pas eu le temps de me composer une tête sereine genre "ah je suis juste assise là pour prendre le soleil, j'attend mon prince charmant qui doit venir me rejoindre pour qu'on aille slalomer sur les pistes noires", j'ai du faire une tronche bizarre, et lui il a soigneusement évité de ralentir le pas, il m'a juste lancé "alors, on est déjà assise?" ça m'a cloué sur place pour peu qu'on puisse me clouer plus que je ne l'étais déjà. J'ai gémi un vague "héhé ah ouais..." alors que mon cerveau essayait frénétiquement de me pousser à crier "au s'couuuur!" Heureusement pour moi le type était plus rapide que mon cerveau (c'est pas bien difficile entre nous), et il était déjà loin avant que je sois en mesure d'articuler un appel à l'aide.

Là je me suis dit ma vieille va falloir qu'un miracle arrive pasque même en le voulant tu pourra pas retraverser la route avec cédric et tous les skis et tout.

Et le miracle arriva sous la forme de ma soeur aînée et de mon onclevénéré qui bavardaient joyeusement en remontant la route en direction des pistes. J'enviait leur décontraction, je me rappelait déjà même plus comment ça faisait d'avoir des pieds en mesure de marcher avec entrain comme ça!

J'ai réuni ce qui me restait d'abnégation (pasque à ce stade là c'est même plus du courage) pour me lever et avancer assez pour leur faire signe. Cher lecteur je dois t'avouer que j'avais qu'une envie c'était de me mettre à chouiner comme une truie et de leur demander de me porter sur leurs épaules jusqu'au magasin, mais décidément, une truie est une truie, et ma fierté était plus forte que ma douleur parce que je leur ai demandé de ma voix la plus posée possible (je crois pas que c'était très convainquant mais c'est l'intention qui compte) de surveiller cédric et ses skis pendant que j'allais rendre ces putains de merde de crotte de bique de chaussures.

J'ai caressé un instant l'idée d'y aller pieds nus mais ç'eut été renoncer à toute estime de moi et me condamner à rester cachée sous ma couette pour le reste du séjour, alors j'y suis bravement allée à un train d'escargot, à tel point que le mec de magasin a eu le temps de faire ses courses et de revenir à son poste avant que j'arrive, sans même que je m'aperçoive qu'il me croisait. Ce con aurait quand même pu m'aider, c'était pas possible de pas voir que j'étais limite à m'écrouler comme une merde sur le pavé! Non non cet espèce de sadique a attendu que je traverse la route, que je franchisse la pente verglacée (je reste très fière de moi de ne pas être tombée, ça a du me prendre 10 minutes mais je l'ai fait!) et que je monte cette saloperie d'escalier puis que je remonte toute la galerie marchande pleine de gens dont j'ai soigneusement ignoré les regards, pour m'accueillir d'un "ah j'me disais bien qu'vous alliez revenir, vous aviez l'air pas bien assise toute seule avec vos chaussures..."


DUCON!!!


Mais non j'ai pas braillé, j'ai fait un pauvre sourire bien que c'était plus la peine d'essayer de lui faire croire que tout allait bien dans le meilleur des mondes et que j'avais encore un peu d'orgueuil dans le fond de ma culotte j'ai avoué "oui, elles me font trop mal, je suis à deux doigts de tomber dans les pommes monsieur" et je me suis vautrée comme une truie sur la banquette, j'ai pas eu la force d'essayer d'enlever moi même les chaussures, je l'a laissé faire en regardant ailleur, cherchant en moi les restes de ma dignité...

ô joie! ô paix retrouvée! ô mes chers petits orteils! ô mes mollets truitesques! Vous reste-t-il encore assez de circulation sanguine pour me porter jusqu'à la maison?

Mais que néni, tu croyais quand même pas cher lecteur que j'allais me payer le luxe de retourner à l'appart pleurer dans mon lit alors que le lardon m'attendait dehors avec ses skis, trépignant d'impatience?
M'enfin bon au moins j'avais pas deux blocs de béton aux pieds, j'étais libre de mes mouvements, j'avais de nouveau mes bottes toutes légères aux pieds, mes bottes aux semelles tellement lisses que c'est une vraie gageure de marcher sur la neige et la glace mais c'est pas grave, j'avais l'impression de voler!

N'empêche j'étais vraiment super déprimée après cette séance de torture, et la joie que je m'étais faite d'aller skier! Onlce et soeur étant repartis vers d'autres aventures, j'emmenait le truisseau s'inscrire au jardin d'enfant, après quoi, n'ayant pas le courage de marcher jusqu'à l'appartement pour revenir ensuite aux pistes, nous allames manger une crèpe à la crèperie (ben oui, forcément...). Là j'appelai Jérémie à la rescousse pour venir me rejoindre et que je m'épanche un peu dans son giron, et quand même, malgré tout, il était là pour me consoler...

Après avoir emmené cédric au jardin d'enfants, ayant retrouvé mon moral et mon entêtement habituel, et soutenue par Jérémie, je décide de refaire la tournée des locations de ski pour trouver, c'est le cas de le dire, chaussure à mon pied! Je finis par choisir une paire qui ne me fait pas trop mal, ça reste quand même douloureux mais supportable, après quoi je file à la pharmacie m'équiper en crème-qui-favorise-la-circulation-et-fait-dégonfler-les-jambons en vue de la séance de ski du lendemain. Car il est hors de question que j'aille skier tout de suite.

Le lendemain donc, le 25 décembre, je retourne au magasin chercher mes chaussures et mes skis. Oncle vénéré me propose dans un élan d'extrême générosité (je ne pense pas qu'il était bien conscient de l'engagement qu'il prenait!) de m'accompagner sur les pistes... skieur et moniteur de ski chevronné, je ne pouvais espérer de meilleur guide, et même de meilleur "coach" pour me soutenir!

Hélas, je suis déjà sérieusement fatiguée rien qu'à faire ainsi chaussée le trajet jusqu'aux pistes. Je sers les dents, hors de question d'aller rendre mon matos sans skier! Je tiens là ma seule occasion de m'adonner aux sports d'hiver avant longtemps, et je n'imagine pas rentrer à la maison dire à tout le monde que non, j'ai pas skié pasque je suis trop groooosse!

Nous nous retrouvons tous en bas des pistes, mes trois nièces et les enfants de mon oncle, leurs parents, et cédric qu'on pose au jardin d'enfants. Je suis un peu génée d'ôter à mon oncle tout espoir de voir autre chose que des pistes vertes ou bleues mais mon courage a des limites, je ne sais même pas si je vais survivre à la montée dans les oeufs, dans lesquels on ne peut pas s'asseoir. Le simple fait de tenir debout est déjà assez fatiguant en soi...

François (mon oncle, tu suis ou quoi cher lecteur?) m'emmène d'abord sur une petite piste verte histoire de voir l'étendue des dégats, mais il se montre plutôt satisfait (je vous ai dit qu'il est super gentil mon oncle?). Nous embrayons donc sur une piste plus longue sur laquelle il me prodigue maints conseils précieux et avisés. Je suis déjà fatiguée quand nous atteignons un vertigineux tire-fesses, mais pas question de s'arrêter en si bon chemin.

Je loupe bien sûr le premier tire-fesse et manque de m'étaler dans la neige, mais j'arrive à rester debout et à saisir le suivant avec toute la décontraction dont je suis capable...

zzzzzzou! Il m'entraine à une vitesse folle dans une loooooongue montée jusqu'au sommet! Ca n'en finit jamais! Tantôt je suis grisée, je suis bien, la pente tire sur mes jambes et soulage mes muscles endoloris, à d'autres je sens la fatigue s'abattre de mes cuisses à mes mollets et faut attendre comme ça sans bouger sans tomber jusqu'en haut... ah lala c'est pas beau de vieillir!
Arrivés en haut on prend une piste assez longue, j'ai hâte d'arriver en bas, je me traine comme un boulet, mais c'est loin d'être fini... je me concentre sur les directives de François : chasse neige, planté de baton, on tourne et hop, on continue... les pistes se rejoignent, il y a des skieurs partout, il faut faire attention à ne pas se faire rentrer dedans, j'ai l'impression d'être sur une autoroute.
Nous rejoignons enfin le télésiège. J'aurai eu un peu de jugeotte et de considération pour mon pauvre tonton qui est entrain de pourrir son après midi à m'accompagner, on serait redescendus direct, mais il me propose d'aller plus haut et j'ai bien envie de goûter aux joies de l'altitude et des paysages enneigés. Surtout, poser mes fesses sur le télésiège pendant une 20aine de minute suffit à me faire oublier la longue descente qui va s'en suivre.


Nous voilà donc, François et moi, bavardant joyeusement pendant que le télésiège nous balance doucement au dessus des pistes. Je tâche d'ignorer les protestations douloureuses de mes cuisses et les gémissements désespérés de mes mollets, et nous nous mettons à parler philosophie, ethnologie, évoquant Freud et Kant, sisi! Mais je ne vois pas de meilleur endroit ni de meilleure situation pour évoquer de tels sujets qu'un télésiège en plein ciel, surplombant la montagne, le corps courbaturé et les jambes sciées, les épaules voutées par la fatigue. Nous traversons 20 minutes de trêve irréelle et en même temps terriblement juste, avant de laisser à nouveau nos skis glisser sur la neige, au sommet de la montagne.

Nous sommes tout en haut, impossible de monter plus. Sur le trajet, nous avons salué les filles qui nous attendent un peu plus bas. Il faut se mettre en route. La pente me parraît vertigineuse, mes muscles ont refroidi, je ne me sens tout bonnement pas capable de tout redescendre, mais il faut y aller.

Quelques laborieux mètres de dénivelé plus bas, je m'étale comme une crèpe pour la n-ième fois depuis que j'ai chaussé mes skis. François me redresse à bouts de bras, me laissant admirative, et avec une belle crampe à l'épaule pour moi. Nous attendons un peu qu'elle commence à passer, je suis une habituée des crampes, et nous redescendont rejoindre Ophélie et Léa qui s'impatientent. Elles ont le bon sens de ne pas rigoler de ma pitoyable arrivée, mais nous annoncent tout de go qu'elles ne nous attendront plus, et repartent, légères comme des plumes et rapides comme le vent dans la poudreuse.

Je me sens épuisée comme jamais. François me propose de manger un peu, il a des bananes dans son sac, et c'est vrai qu'avec tout ça j'ai oublié de manger à midi. Je me sens immédiatement un peu mieux, mais la fatigue est là, et il faut s'arrêter souvent pour que je déchausse mes skis et étende mes jambes au sol pour permettre au sang de circuler un peu.

Je me sens vraiment au-dessous de tout, et ça doit se remarquer, parce que François me propose gentiement de me porter sur son dos jusqu'en bas des pistes, ce qui me fait rigoler, même s'il est sérieux. Je lui dit que je ne veux pas être responsable de la rupture de sa colonne vertebrale, et je rechausse mes skis pour repartir.

Une longue descente s'ensuit, parsemées de chutes dont je met maintenant un point d'honneur à me relever seule, et d'arrêts. François appelle Babeth pour qu'elle aille chercher cédric au jardin d'enfant, nous sommes déjà en retard et bien loin d'arriver.

La descente est irréelle, je me raccroche à l'idée qu'un jour où l'autre nous serons en bas, que ce sera fini, et que je l'aurai fait, que je pourrais savourer la satisfaction de l'avoir fait. J'en arrive même à me motiver en me remémorant mon accouchement, je me dis : ma vieille tu l'as fait, et tu savais pas si tu y arriverai, mais tu l'as fait, tu as accoucher d'un lardon de 3.760kg, alors cette piste tu vas la descendre, c'est de la gniogniotte à côté!

Et je l'ai descendue, laborieusement mais sûrement.

Je voyais bien que François commençait à en avoir un peu marre, le pauvre, mais il a été génial, il m'a vraiment encouragée et portée moralement. Je ne saurais jamais assez le remercier pour ça, ça a dû être pour le moins pénible pour lui.

Je me suis même payée le petit exploit de quitter ma réserve sur les derniers mètres, voyant qu'on était arrivés, et de les descendre d'un trait comme si c'était la chose la plus évidente du monde. Au point où j'en était, mes mollets étaient partis aux abonnés absent, et ma crampe commençait juste à disparaître.

Je savais en commençant que je n'aurai pas peur de la pente. J'ai déjà skié, et ma fois je me débrouillait assez bien pour une débuttante, j'en garde le souvenir de journées entière sur les pistes, journées qui me parraissaient trop courtes pour en profiter, je ne me rappelle pas d'une telle fatigue ni d'une telle douleur. Mais j'avais 10 ans et surtout 20 kg de moins.

Bon, j'avais pas oublié non plus le dernier jour où, voulant jouer ma maline j'avais fait de grand signes à mon moniteur de skis que je croisait sur une pistes, ce qui m'avait vallu de terminer derrière une bosse le cul par dessus la tête sous son regard effaré, mais pour le reste, c'était un vrai bonheur!

Mais là! je ne m'étais pas préparée à l'appréhension de la fatigue. Quand on sait, qu'on sent, que le corps n'est plus un ami sur lequel on peut s'appuyer, mais une sorte de veillard obèse qu'il faut ménager si on veut arriver entier en bas.

En tous cas cher lecteur, je l'ai fait! Et j'ai juré, mais un peu tard, que la prochaine fois que je prévois des vacances au ski, je perd 15kg et je fais 1 mois de préparation intensive histoire d'être en condition!

J'étais trop humiliée, devant mon oncle, de me montrer dans cet état. C'est un sentiment vraiment... inqualifiable!

Mais j'étais contente de l'avoir fait, contente qu'il m'ait poussée à descendre toute la montagne et à y arriver, même si c'était dur!

De retour à l'appart, j'ai pris un bon bain chaud, que j'ai savouré comme jamais je n'ai savouré un bain!

Le lendemain, il fallait déjà repartir. Patrick nous a très gentiement et très courageusement amenés à la gare de Valence, après 4 heures de route ininterrompues dans la montagne. C'est vraiment pénible de toujours dépendre des autres! En tous cas mon beauf est vraiment un beauf en or parce qu'il n'a pas râlé une seule fois, et nous a déposés pile à l'heure à la gare, ce qui n'était vraiment pas gagné!

Bon, forcément, c'était trop beau pour être vrai, et "suite à un incident de voyageur blablabla le train aura un retard indéterminé..." et il nous a fallut attendre 2 heures de plus pour monter dedans.

Enfin, nous voilà, sain et sauf, nous avons survécu à l'année 2007, et Jérémie et moi entamons 2008 sous de bons hospices, au moins au niveau de notre couple. Pour le reste, c'est un peu le cafoutoir cher lecteur, mais je t'en parlerai plus tard!

17 janvier 2008

le fil rouge sur le boutton rouge...

oui ben je sais pas moi, ça fait plusieurs personnes qui me disent "pourquoi tu fais pas un fil rouge sur ton blog" alors j'aimerai bien savoir, quand même, ce qu'on entend exactement par fil rouge et pourquoi?
Non d'accord je suis une truie mais je suis pas stupide j'ai bien compris qu'il s'agissait des petits mots rigolos du lardon, mais bon, enfin bref... je dis n'importe quoi, faut bien meubler!

Je sais que tu t'inquiète, cher lecteur, de mon silence prolongé, et pour une fois ce n'est pas nécessairement par manque d'inspiration mais ptet bien plus pour te préserver de mon cataclysme personnel du moment. Quel intérêt de venir larmoyer ici, ça ne fera pas avancer le schmilblik!

Alors ok pour des petits mots du lardon, ça mange pas de pain et ça met de bonne humeur!

Alors attend que je me rappelle...

Un truc mignon qu'il a fait dimanche, quand j'étais malade (oui j'étais malade!), il est venu m'apporter une jacynthe qui était dans le salon, "pour que ça sente bon dans la chambre et que tu guérisse vite!"
En bonne truie que je suis j'ai ouvert un oeil fiévreux pour voir mon fils promener dangereusement un pot de fleur dans la chambre alors j'ai braillé "va reposer ça où tu l'as pris, qu'est ce que tu fais avec cette fleur!!!"
heureusement jérémie m'a expliqué après, et cédric aussi... pfff quelle nullasse!

Sinon j'adore aussi quand il s'écrie à la pharmacie : "t'as vu maman la porte elle s'est ouvru!" ou ce matin encore en partant à l'école "je vous attend moi, j'ai déjà ouvru la porte!"

A la pharmacie toujours, la pharmacienne (que je trouve un peu antipathique d'ailleurs) qui lui fait des risettes et des gniagnian, et Cédric de lui répondre avec véhémence : "toi t'es une zezette!"
Inutile de préciser que j'ai essayé de me fondre dans le présentoir à brosses à dents, ce qui était idiot parce qu'avec toute la volonté du monde y'aura jamais rien de commun entre moi et une brosse à dents, mais bref...

Ah oui, trop chou aussi hier, il revient de chez ma mère avec un mystérieux paquet. Il me dit "c'est une surprise!" je lui dit qu'on va regarder ça à la maison vu qu'on était en bas de l'immeuble, et pendant toute l'ascenscion de l'escalier, il cachait scrupuleusement son paquet dans son dos... sauf que je montait derrière lui donc en fait il me le montrait, mais c'était trop chou comme il surveillait ses mouvements pour ne pas enlever le paquet de derrière son dos! Moi je me mordait les lèvres pour ne pas rigoler c'était vraiment adorable!

voilà pour le fil rouge! c'est le mieux que je puisse faire aujourd'hui, cher lecteur, et j'en suis désolée... mon cerveau ressemble à un champ de bataille et je dois vraiment faire le tri dans mes méninges avant d'être ici plus productives. Un blog n'est pas un journal intime, bien au contraire, et chaque "écrivain" du web devrait se rappeler qu'il est responsable de ce que ses lexteurs peuvent éprouver en lisant ses notes... alors je ne te livrerait pas ma bataille pelle-mêlle ici, j'espère que tu comprendras!

A très vite j'espère, lecteur de mon coeur!

06 décembre 2007

Hommage au lard!

Ce petit article couve dans ma tête depuis trois jours, mais je cherchais sans succès des traces de mon sujet, aujourd'hui disparru ailleurs que dans mon souvenir. J'en serai presque venue à croire qu'il n'avait jamais existé, et pourtant! Tous les meldois se souviendront de cette fresque, sans doute avec l'étonnement de ne l'avoir jamais plus regardée que ça, tellement elle avait fini par se fondre dans le paysage!

J'ai fini par trouver, dans un blog extrêmement riche et intéressant sur l'art urbain de la ville de Meaux (dingue! je pensais pas que quelqu'un se serait penché là dessus!), un article sur cette fresque, avec photos à l'appui, que je vous invite à le lire ici : http://meaux.over-blog.net/article-4149852.html



Ca me parraissait impensable, ça ne m'avait jamais effleuré, qu'on puisse ainsi détruire une oeuvre d'art sans plus de cérémonie, sans égards... il y en a peut être eu pour l'auteur, je ne peut pas croire qu'il n'ait pas été informé de sa destruction, mais pour nous, spectateur ébahis, simple passant, habitant routinier attaché à cette vision onirique qui accompagnait chaque jour nos déplacements!
Rien ne me préparais à cette vision d'horreur, il y a de ça trois jours, quand je partais au travail, presque arrivée à l'arrêt de bus (hé oui cher lecteur, je me met à prendre le bus, oui, moi! après 18 mois d'abstinence!), quand mon regard est tombé... sur un vide déchiqueté, là, au beau milieu du carrefour.

Je sais pas pour toi cher lecteur, mais je trouve de toutes façons toujours douloureux de contempler un immeuble en destruction. On dirait que l'âme de ses occupants est arrachée avec les murs, les bouts de tapisseries qui resent collées dans le vide, les pans à demi éboulés... je n'aime pas cette vision...

Et par delà cette image horrible, il y avait ce bout de mur, qui restait au sol, haut d'à peine 1 mètre je dirais, et qui laissait voir encore le reste de la fresque, la fresque surréaliste peinte par Christian Bousquet (je viens de l'apprendre!), et que j'ai toujours vue sur ce mur depuis que j'habite à Meaux.

Je suis restée tant de fois à la contempler, si riche, si pleine de détails, si déroutante aussi comme le sont souvent les oeuvres surréaliste. Pleine de clichés, d'icônes, et racontant avec sa poésie propre un peu de l'histoire de la ville, beaucoup de la vision du peintre, dans un mélange étudié, un rêve éveillé, qui m'a, depuis enfant, toujours évoqué un mélange de cauchemard et d'espoir. Cette petite lucarne en haut de l'oeuvre, d'où coule une lumière claire, est comme une invitation à laisser sortir ces morceaux d'imagination. Du moins c'est comme ça que je le voyais : une tête pleine d'images, et une petite issue, tout en haut, difficile d'accès mais existante, qui laissait l'espoir de les voir s'envoler au jour.

Le caractère vieillot de ces personnages symboliques, mélangés à la composition "moderne" du surréalisme (qui est tout aussi veillot aujourd'hui!), me laissait penser parfois que c'était peut être l'Histoire elle même, qui essayait de s'échaper par cette lucarne. Tous ces fantômes du passés enfermés dans leur histoire, derrière le socle du temps, derrière la mort elle même, et qui se retrouvaient là pour toujours, prisonniers, oubliés à jamais. Cette petite lucarne, c'était le souvenir, le seul espoir qui leur restait de vivre un peu.
Dans le même temps, la composition très théâtrale, et ces éléments de décors factices, donnent aussi l'idée de la vaste mascarade qu'est la vie, les personnages semblent être les acteurs d'une scène de théâtre où les temps se confondent et se mélangent. Ces souvenirs passés qui se retrouvent pêlle mêlle dans l'Histoire, sont ils condamnés à jamais à rejouer leur propre rôle dans le souvenir des gens?

J'essaie de reporter ici le propos des réflexions d'une petite fille, qui me sont toujours restées, que je n'ai jamais essayé de transformer, d'analyser, de rendre plus juste avec le temps et la maturité. Par la suite, cette fresque est restée comme une amie un peu effrayante, un clin d'oeil familier, ce genre de choses qui ne bougeront jamais, un vestige vivant du souvenir de l'enfant que j'étais. Ce sont mes souvenirs à moi qui s'en vont aussi avec elle.

Alors tu imagine mieux, cher lecteur compatissant devant mes propos décousu, mon effroi ce matin là, quand mon regard est tombé sur ce reste de mur, ce reste de peinture, j'en aurais pleuré! C'est une vision qui aurait dû être préparée, qui n'aurait pas dû rester là, blessure indécente à la vue de tout le monde!

J'ai pensé à mon blog tout de suite, dès que je l'ai vue. Je suis restée à danser d'un pied sur l'autre, partagée entre le besoin de me dépêcher pour ne pas rater mon bus et l'impossiblité de me détacher de cette vision, de la mort d'une histoire qui est aussi la mienne...
J'ai pensé au blog, je me suis dit il faut que je le raconte, il faut que ça vive encore, encore un peu...

Je ne savais pas le nom de cette fresque, je ne l'ai jamais su. Je sais maintenant qui en est l'auteur, et si je le rencontrais je lui demanderait s'il l'a laissée mourrir lui aussi sans cérémonie, ou s'il existe un lieu où l'on peut se receuillir encore sur son existence, comme dans les livres d'art où gisent les tableaux qu'on ne verra plus jamais exposés.

J'avais toujours admiré la hardiesse du peintre à laisser son oeuvre exposée aux quatres vents. Je me demandais si un produit enduisait la peinture pour l'empêcher de s'abîmer. J'espérais que oui, j'espérais que mes arrière petits enfants la verraient aussi. J'étais fière de voir que nul n'osait la souiller. Les quelques tags écrits ici et là n'ont jamais dénaturé l'oeuvre, c'est plutôt comme s'ils l'accompagnaient avec discrétion.

Personne n'a fait l'affront d'apposer des moustaches à la madonne, cette oeuvre a toujours été respectée, je gage qu'elle a été aimée.

Quand je passe le matin devant les vestiges du concessionnaire qui occupait ces murs, je scrute le visage des passants, j'y cherche un effroi commun, une douleur qui unirait tous les habitants de la ville devant cette disparition. Mais je ne croise que l'indifférence. J'ai du mal à comprendre.

Déjà d'écrire tout ça, je sens que je me libère et que je tourne la page. Je n'ai plus besoin de m'accorcher à ce sentiment de peine pour que ce souvenir vive encore. Il est là, bien à l'abri sur le blog, il n'a pas totalement disparru.

04 décembre 2007

Cécric superstar!

Hihi! Je sais pas pourquoi je l'ai fait mais je l'ai fait! J'ai inscrit Cédric à une sorte de casting-concours, pas de quoi fouetter un chat puisque le gagnant verra sa photo sur le site et la newsletter, mais j'avais envie de le faire alors voilà je l'ai fait!

Il se trouve qu'il y a beaucoup de concurrents, mais il se trouve aussi qu'il est déjà 20e grâce aux votes de tous mes amis de forum!!!

Donc je demande maintenant à mes amis lecteurs de blog (mes amiiiiiiiiis!) de me donner un ptit coup de pouce aussi pour faire gagner les 10 places qui le mettront dans le classement à mon lardon d'amour!

Pour cela il vous suffit de voter par le lien ci-dessous, ou bien de me donner votre adresse mail pour que je vous envoie l'invit' qui fera compter votre vote double!

c'est ici : http://www.tao-legrandevenement.com/index.php?ComeFrom=vote&Id=56508

D'avance merci cher lecteur, du fond du coeur!